
Bonjour aventurier, et bienvenue dans la cour des miracles. Viens deguster notre hydromel, trouver un objet convoité ou faire des rencontres en ces lieux de débauche... |
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| | [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... | |
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| Auteur | Message |
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Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Jeu 23 Fév - 0:26 | |
| La lune bien que haute, disparaissait à moitié derrière les nuages sombres qui s'étaient amoncelés. La pluie avait commencé à tomber depuis seulement quelques heures, mais le sol était déjà devenu boueux. La légère brume, elle, demeurait toujours, tandis que les trombes d'eaux s'abattaient brutalement contre l'ancienne roche. Le temple était ancien. Très. Un escalier sombre s'enfonçait jusqu'à l'arche qui servait de porte, mais les affres du temps avaient aussi altéré les gonds de celle-ci, ne laissant que poussière. Quelques socles de colonnes et statues émergeaient encore, mais le reste s'était partiellement effondré, bloquant une partie du passage. Le reste de la façade était couverte de lierres, le bâtiment s'enfonçant dans la pierre qui faisait office de falaise : on pouvait sans mal se trouver en haut de celle-ci, sans pour autant avoir conscience du bâtiment qui était sous nos pieds.
Reculé de tout, certaines rumeurs couraient dans la région à son sujet. Autrefois, quelques sorciers renégats y avaient trouvé refuge pendant une dizaine d'années. Ils y avaient amassé trésors et reliques, grimoires et parchemins antiques. Mais, dans leurs folies, se servant des prisonniers qu'ils avaient capturés, ils avaient fait de nombreuses expériences sur eux. Elfes, humains... Les lieux suaient encore de leurs cris de douleur. La plupart étaient mort lors de l'expérience, et leurs corps avaient été brûlés non loin, dans la forêt, mais d'autres avaient survécu. Créatures abominables, elles s'étaient retournées contre leurs propres maîtres. Les pillards avaient afflué à l'époque, à cette nouvelle, brûlant du désir de piller les richesses, certains même pour récupérer leurs écrits, et les revendre aux plus offrants. Pourtant, de ceux qui étaient entrés, peu en avaient jamais ressorti, pour la plupart fou, délirants de fièvre, hurlant de chasser les ombres qui s’épaississaient à leurs yeux. Depuis, une chape de mystère s'était posé sur l'endroit. Le danger rôdait sûrement dans les couloirs de ce temple, comme l'affirmaient avec convictions les conteurs et anciens de la région...
Le feu avait était installé dans une petite cavité rocheuse, crépitant sauvagement, fanal dans l'obscurité. Il emplissait l'espace d'une agréable chaleur, mais l'homme avait gardé sa cape sombre autour de lui, ses bras disparaissant à l'intérieur. Son sac de voyagé était posé à son côté droit, et, par-dessus, son épée était posée, lame au clair. Les ciselures d'argent sur la lame luisaient doucement, tout comme la garde, ailes d'aigle déployés, un visage hurlant au centre.
Jambes croisées, il se contentait de regarder le feu de ses yeux gris. Le clapotis de la pluie à l'extérieur était entêtant, douce berceuse à ses oreilles. La nuit était belle, agréable. Pour un peu, il aurait presque pu aller s'étendre à l'entrée, et écouter son chant jusqu'à trouver le sommeil. Mais il n'était pas là pour ça. Et il savait aussi ce qui hantait les lieux. Fronçant les sourcils, il arrangea une seconde fois sa cape autour de lui, bougeant les épaules, puis s'arrêta, totalement immobile, sur ses gardes.
Dernière édition par Daleck le Lun 27 Fév - 22:53, édité 5 fois |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Jeu 23 Fév - 10:30 | |
| Les dernières faibles lueurs du jour disparaissent. J’ai passé une partie de la fin de journée à errer d’une taverne à l’autre. L’on m’a offert quelques verres, et j’en ai bu quelques autres. Mes pérégrinations n’ont point été vaines. Bien que je ne sois en ces terres que depuis quelques lunes, j’ai réussis à obtenir certaines informations intéressantes. Au départ, je ne recherchais rien de spécifique, mais de fil en aiguille, de rencontres en rencontres, j’ai eu vent de l’existence d’un temple abandonné. Cela a su éveiller mon éternelle appétence.
Point ne sais si cela en vaut la peine, cependant, je n’ai rien d’autres à faire. Que ne ferais-je guère pour briser l’ennui ? D’après ces dires, il faut s’attendre à rencontrer de vielles entités ayant élu domicile non loin ou leur trépas les a porté. De mon don inné, je n’ai d’autre choix que de m’y rendre par moi-même, histoire de savoir si les on-dit se révèlent plus ou moins exact. L’heure avance, et bientôt le crépuscule ne sera que souvenir. Je pense, que c’est le moment idéal pour se rendre là-bas. Je prends soin tout de même de m’équiper comme il se doit. Je range mes dagues dans leur écrin respectif à savoir attachée sur mes cuisses. Des armes cachées parfois savent sauver des vies. Bien que finalement la mort m’appelle inlassablement. Que je la prends sans sourciller, car je sais apprécier ce qu’elle m’offre.
Sait-on jamais …
Mon bâton, il est accroché à mon dos comme à son habitude. J’avoue qu’en fait, j’aime m’en servir comme arme de corps à corps, plutôt que pour lancer mes sorts. Les incantations à elles-seules suffisent généralement. Je n’omets point de me vêtir de ma cape, car la pluie commence à tomber et l’air se fait bien frais. Je suis prête.
L’endroit, maintenant…
Je me focalise sur le plan que j’ai aperçu un peu plus tôt à l’auberge. Dans ma tête, j’essaie de me souvenir des courbes que lui donnait l’homme. Lentement, le dessin s’anime, et je n’ai plus qu’à suivre les bonnes directions.
Quand j’y repense, il aurait au moins pu me le donner ce maudit bout de parchemin. Tout ça, parce que selon lui, une femme comme moi ne devrait pas traîner dans des endroits aussi sombre… N’importe quoi … Il a eu de la chance que je sois pressé de retrouver le lieu sans quoi, je lui aurais montré qui je suis.
Concentration, et sous mon regard j’entrevois un chemin qui semble m’appeler, dès lors, il n’y a plus qu’à. Je suis mon instinct aidé par les traces magiques parsemée le long de cet étrange cheminement. Un peu plus tard, je parviens visiblement au bon endroit.
Une cavité d’où parait sortir de la lumière, la lumière d’un feu, les flammes m’interpellent. Je reste pantoise quelques secondes. Qui peut bien se cacher là-bas ? Je n’ai guère entendu dire que déjà quelqu’un s’y intéressait à cet endroit.
Cesse de réflexion, ce n’est point en restant planté là que j’aurais quelconque réponses.
Décidée, mes pas s’enfoncent dans la boue, laissant à la terre mes empreintes. Je sillonne, essaie d’éviter les flaques qui se dressent sur mon passage, de percer à travers la bruine, jusqu’à arriver toute proche de l’entrée. Je réajuste ma capuche, je m’arme de mon bâton, puis dans un silence de mort, je m’infiltre à l’intérieur …
Mais … Qu’est-ce que ??
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|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Jeu 23 Fév - 15:29 | |
| Il n'avait pas esquissé le moindre geste, avant de sentir la présence. Quelqu'un, ou quelque chose, au-dehors, se mouvait. Il en était sûr. L’instinct. L'instinct lui murmurait à l'oreille qu'il n'était plus seul. Le feu l'empêchait de voir correctement : il le savait, il n'aurait jamais dû en dresser un. Ses yeux auraient alors été plus habitués à l'obscurité, et sans doute n'aurait-il pas eu de problèmes pour deviner ce que cacher cette forme. Mais il était trop tard, il savait que ce n'était pas son imagination. La chose ne bougeait pas. Non. Elle se rapprochait, grossissant à vue d’œil, mais toujours hors du champ de lumière que le feu produisait. Était-ce une des créatures du temple, qui, la faim la poussant, était sortit chasser ? Ce n'était pas impossible, rares étaient ceux qui osaient s'aventurer si près du temple, et sûrement pas seuls. Pas un même. A moins que ce soit un voyageur égaré ? Le hasard...
Le hasard n'existe pas ! J'ai autant de chance que ce soit un égaré que de trouver fortune dans un cul de basse-fosse...
Il détourna le regard un instant, vers l'arme au clair à ses côtés : si la "bête" comptait le dévorer, elle allait être surprise. Quoique, si elle était seule, il n'aurait sans doute pas besoin de tendre le bras pour s'en servir. A coup sûr, devait-elle croire qu'il s'agissait d'un aventurier lambda s'étant arrêté ici à cause de la pluie, endormi dans son sommeil, proie facile, et bien plus goûteuse que tout ce qu'elle avait dévoré, absorber jusqu'à la moelle, depuis de nombreuses années. Il ne lui flairait pas ce plaisir. Dissimulé dans sa cape noire, les bras plongés à l'intérieur, il lui réservait une petite surprise. Elle aurait intérêt à se montrer rapide, très rapide même, si elle désirait se servir de lui comme repas, et de son sang comme...
Une femme ?
Il avait bien trop réfléchi, et bien mal estimé la distance qui les séparait. Elle était entré dans le champ de lumière, et il n'avait pu s'empêcher de froncer les sourcils à la vision qui s'offrait à lui. Une femme ? Ici ? C'était bien la dernière chose à laquelle il s'était attendu. Non qu'il méprisait les femmes, au contraire, mais, s'était tellement préparé à devoir combattre pour sa vie, cette exaltation qui montait, lorsqu'on la sentait tambouriner à ses oreilles, qu'on sentait la Mort qui nous enserrait dans ses bras, et ce sentiment de puissance, quand on en ressortait sur ses deux jambes... Il en était presque... Déçu ?
Les paroles qu'elle prononça lui firent l'effet d'une douche froide, le sortant de sa stupeur. Il ne bougea pas, la fixant simplement, comme il avait fixé sans sourciller le feu auparavant.
_ Vous êtes bien loin de chez vous, femme...
Doucement, les pans de sa cape s'écartèrent légèrement, faisant apparaître d'abord deux carreaux, puis le reste de l'arbalète d'ébène qu'il tenait dans sa main. Depuis qu'il s'était assis, il ne l'avait pas lâché. Elle manquait de puissance, bien sûr, mais à cette distance, deux carreaux pouvaient faire l'affaire en cas de problème : en dessous de quatre mètres, elle manquait de puissance, et en-dessus de huit, ou même six, elle n'avait plus la force de faire plus qu'une blessure minime. Elle était assez proche...
L'Ombre a de multiples visages : hommes, femmes, enfants, bêtes...
D'un rapide mouvement de la tête, il lui fit signe d’avancer.
_Asseyez-vous donc... Et vous allez me dire qui vous êtes, et ce que vous faites ici. Passez-moi l'histoire du "je me suis perdu en rentrant chez moi : je ne suis pas aveugle, et je doute que ce soit le cas... |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Jeu 23 Fév - 17:58 | |
| Ce qui m’offre à ma vue, est des plus, je recherche, mais ne trouve guère. Des plus étranges qui l’eurent cru ? Me voici face à un homme paisiblement assis aux abords d’un feu. Est-ce l’ermite du coin ? Un fou recherchant asile là, ou les morts se relèvent ? Je ne connais rien de lui, aussi peut-il être grain de sable enrayant la roue d’un chariot.
Je hausse un sourcil …
La mine déconfite il m’observe, je n’ai aucune peine à comprendre que ma venue semble l’emprunter aux vues de ce qui émane de son corps. Il attend quelque chose d’autre. Maintenant, je sais. Son verbiage m’échauffe, qui est-il pour oser ainsi s’adresser à moi ? De plus, Il est armé, et je peux donc en déduire, qu’avec les carreaux qui guignent, il n’est point ermite. Je décide de ne guère desceller mes lèvres pour l’heure.
Je ne cesse de le toiser du regard, je ne suis guère bien grande, mais à ce moment j’ai un avantage, il est assis et moi, je me tiens droite comme un i sur mes deux jambes. Cela me laisse tout loisir de le détailler.
Toujours aucun mot ne franchit mes lèvres. Par contre on peut y entrevoir un sourire narquois. Ce que j’échafaude prend de l’ampleur dans mes pensées. Tel une montagne que l’ont gravi, mes idées s’éclaircissent.
Sa dernière phrase me sort de mes songes, ainsi, il veut que je m’avance, bien, très bien. Avant que j’esquisse mon premier pas, un murmure s’échappe de ma bouche. Il en suivra le mysticisme sous forme de foudre. Non, guère de suite … Lorsque je serai bien plus proche.
J’avance, encore, et encore un peu. C’est risqué, mais j’aime jouer avec ma vie.
A présent, je suis bien assez proche de lui, pour qu’il puisse déceler avec désinvolture les traits de mon visage. Maintenant, j’ouvre la paume de ma main, la foudre entend mon appel, faite d’’air, de glace, et de particule de terre, je vais lui rendre honneur. Une boule d’énergie s’échauffe dans ma main, elle ne lui fera guère de mal. Elle va tout simplement guider mes mots.
« Qui êtes-vous donc Messire pour user de mot si dépréciatif en mon encontre ? Voulez-vous m’occire ? Qui de nous deux toucherais l’autre un premier ? Voilà quelque chose de palpitant ! Sentez-vous donc cet émoi qui vous gagne ? Ressentez-vous donc ce frisson qui avec mutinerie vous remonte le long du dos ? Mhmm, qu’elle douce sensation, n’est-il point ? »
Je n’arrive guère à concevoir la réaction de mon interlocuteur, peu m’importe, je m’amuse. D’un petit rire cristallin, je clos mon phrasé, puis d’un mouvement brusque je referme ma main. L’orage passe, emportant avec lui les éclairs qui naquirent dans ma paume.
« Je ne suis guère ce que vous croyiez voir. »
Maintenant, je m’assois.
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|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Jeu 23 Fév - 21:08 | |
| Il l'observa un long moment, alors qu'elle parlait, mais ne fut guère impressionné en voyant l'énergie se condensait dans sa main. Juste surpris. Car, il faut l'avouer, il y avait quelque chose de surprenant de rencontrer une femme dans un tel endroit, sous la pluie. Quoique, celle-ci semblant être une sorcière, ou du moins être capable de manier quelques sorts, cela expliquait beaucoup de chose. Il n'avait pas cru à la possibilité qu'elle soit égaré, et, lorsqu'elle referma sa main, faisant disparaître l'énergie, cela devint une évidence. Du moins, espérait-il ne point se tromper. Après tout, ça n'aurait pas été la première fois.
Non. Elle ne pouvait sans doute être ici que pour cela. Le temple. Peut-être était-ce encore une de c'est aventurières, qui parcourait le monde à la recherche de la fortune et la gloire. Ou le savoir ? S'il s'agissait bien d'une sorcière, il est sûr qu'elle trouverait sans doute une utilité dans les parchemins et grimoires qui étaient cachés à l'intérieur. Mais, une nouvelle fois, il pouvait se tromper. Après tout, il avait bien cru à une créature s'attaquant à lui, au départ. Il était tombé de bien haut, mais il restait méfiant. Quoi de plus naturelle après tout, lorsque entouré de cadavres marchants et bestioles infernales, à bien des lieux des premières habitations, on se retrouvait face à face à une personne vivante, à qui on devait donner le change... Dépréciatif ? Elle le voulait aimable ? Et puis quoi encore, qu'il lui cire les bottes pour lui faire plaisir ? Non mais !
_Sans doute auriez-vous frapper la première... Quoique, avant de finir foudroyé, j'aurais sans doute eu le temps de vous voir avec un carreau dans le cœur. Deux peut-être...
Idiot, tu aurais été mort avant même de songer à appuyer sur la détente... Et, d'ici, sans viser, à travers le feu, tu l'aurais sans doute toucher au bras. Avec un peu de chance.
Et c'était vrai. Pas seulement à cause de l'effet de surprise, mais il aurait hésité un instant de trop, il en était sûr. Une simple seconde, un battement de cils. Un fin fil, qui aurait été finement tranché, sans mal. Et il aurait été mort. Point final. Il était toujours plus facile de tirer lorsque la cible en face n'avait pas un visage humain, plus encore, féminin. Oh oui, il n'aurait pas longtemps hésiter avant de lui perforer le cœur, mais ça aurait été suffisant.
De plus, la corde était restée tendue un long moment. Ce n'était pas bon, ça détendait les deux petits arcs en fer, qui permettait de tirer à pleine puissance. Son bras n'aurait même pas souffert.
Silencieusement, sans dire un mot, quoique la tenant toujours à l’œil, il retira les deux carreaux, les déposant soigneusement près de son épée : il aurait peut-être à la recharger rapidement. Que ce soit pour son "invité", ou pour un autre visiteur, moins conciliateur, et plus direct. Enfin, s'il y avait plus direct, bien entendu, ce qui restait à voir. Après tout, si elle aurait voulu le tuer, elle n'aurait eu guère de mal. Et n'en aurait guère plus, de là où elle se trouvait. Quoique, si proche, lui non plus, n'aurait pas la moindre difficulté à frapper. Un coup de couteau rapide, ou même, enfoncer un des deux carreaux, à la main, dans sa gorge, se révélerait tout aussi mortel.
_Les apparences sont trompeuses dans le coin, il vaut mieux un accueil froid qu'un couteau dans le ventre, non ? Du moins, j'ai une préférence pour la première solution, personnellement. Après, chacun fait ce qu'il veut de sa vie, bien entendu...
Tournant la tête complètement dans sa direction, il l'observa, la fixant, la détaillant du regard, rangeant dans un coin de sa tête ce qu'il observait, ou ce qu'il était utile de savoir. Lentement, il se mit à sourire d'un air sombre, ricanant. Il n'avait pas encore bougé, n'avait pas changé de place. Il se contenta de la regarder, prêt à bondir et en découdre au moindre signe suspect.
_Je suis l'homme qui a dressé un feu ici, le reste est-il vraiment important ? Et maintenant, répondez aux questions que je vous ai posé, je vous prie : qui êtes-vous, et qu'êtes-vous venu faire ici ? Est-ce pour ce temple, ou une autre raison que j'ignore ? |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Ven 24 Fév - 15:30 | |
| Je sens son regard se balader sur moi, il est méfiant, quoi de plus normal en ce lieu finalement ? Sans doute-est-il un de ceux qui tellement s’accroche à la vie, que le moindre geste, le moindre mouvement de quelque nature que ce soit l’oblige à tendre ces muscles, à réfléchir plus que de raison. Pour en venir à la même conclusion. Une colossale suspicion.
C’est bien ma veine …
Il finit par répondre à ma question. J’attendais autre chose venant d’un homme tel que lui, j’en suis presque déroutée.
Je retiens un soupir, et mes yeux se perdent dans ce feu, comme si rien autour n’existait. À la lueur des flammes dansante j’esquisse un sourire. Je reste cependant attentive à son monologue. Qui sait, il peut devenir intéressant… D’ailleurs, il relâche sa garde, je l’ai remarqué du coin de l’œil. Sait-il qu’il est dangereux de baisser sa garde lorsqu’en face il y a éventuelle menace ?
Soit, il se décide tout de même à relancer le dialogue.
Toujours mon regard sur le feu, j’acquiesce tout en lui répondant.
« Point n’avez tort, je vous l’accorde, un accueil froid pour moi est synonyme que dans votre vie, bien souvent l’ont vous a trompé. Il est vrai, chacun agit comme bon lui semble. Malgré tout, je préfère les choses plus comment-dirais-je … Chaleureuse. »
Son attitude change, cela éveille en moi cette curiosité, qui jamais ne sait me lâcher. C’est alors que je tourne ma tête en sa direction. Je plante mon regard dans le sien, essaie de le deviner, essaie de le voir au-delà des apparences, et ce que j’y décèle me plaît.
Il me coupe dans mes observations en faisant retentir quelques mots s’échouant sur la résonnance de la petite grotte.
« Vraiment ? Votre feu est bien réussis c’est un fait »
Ironie, quand tu nous tiens …
« Non, je crois que le reste n’est guère important pour l’heure. Alors, pourquoi vous répondrais-je si le reste n’a même pas le gout d’éveiller vos sens ? Vous êtes étrange Messire, je suis persuadée, qu’on vous l’a déjà dit..
Si cela peut vous avancer, alors … Je me nomme Arkanisse. Ma venue en ce lieu, n’est autre que moyen de briser mon ennui. Ce temple m’intéresse, je voulais vérifier si ce qu’on raconte est vrai. Et vous, dites-moi ? Etes-vous de ceux que l’on appelle les chercheurs de trésors ? Ou alors, un besoin bien plus singulier vous attire en cet endroit ? »
Voilà qui serait fort captivant que de savoir ce qui l’anime. Si mon instinct ne me trompe point, alors, je peux dire que guère ne perds mon temps.
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|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Ven 24 Fév - 17:02 | |
| L'homme se leva, riant doucement. Contournant le feu, sans lui adresser le moindre regard, il se dirigea vers l'entrée, laissant sa cape revenir dans son dos. Il portait un vieux manteau de cuir noir, visiblement usé par le temps, et des jambières du même acabit. Étrangement, il portait deux ceintures. Sur la deuxième, du côté gauche, était accroché un crochet usé, à l'image de ceux qu'utilisaient parfois quelques bouchers pour suspendre la viande morte. Sur le côté droit se trouvait un étui où était rangé un long couteau au manche d'ivoire. Il était aussi fixé plus bas, à la jambe, là où s'arrêtait visiblement la pointe, par une fine cordelette de chanvre.
Posant son bras contre la roche humide, il observa la pluie qui continuait, légèrement moins violente qu'il y avait quelques heures.
_Oh, ce n'est pas la peine de vous moquer, hein, et gardez donc vos déductions pour vous... Certains aiment assez parler d'eux, raconter leur vies à n'importe qui, dire ce qu'ils ont mangé à midi ou cité leurs exploits au bordel du coin... Je préfère me focaliser sur l'instant présent...
Il sourit doucement, s'arrêtant de parler. L'ennui, donc ? Après tout, pourquoi pas ? Chacun avait ses propres passe-temps, ses habitudes. Et il est vrai qu'un peu d'aventures, d'exploration dans de vieilles ruines, avait quelque chose d'exaltant.
Pourquoi pas?
_J'ai croisé un peu plus tôt quelques goules, en arrivant. Et, lorsqu'une de ces bestiole est dans le coin, ce n'est pas impossible de trouver un doppleganger. D'où l’accueil, vous comprenez ?
Il se racla la gorge, avant de se retourner, plongeant ses yeux gris dans les siens, comme elle l'avait elle-même fait
_Ce qu'on en raconte ? Si vous parlez des rumeurs, sur les bestiaux du temple, qui s'y terrent, j'imagine que c'est vrai. Sans doute quelques goules, noctules, et quelques nécrophages. Peut-être un ou deux "gros" vers aussi... Si, par contre, vous parlez des trésors qui sont soit-disant enfouis dedans, et bien, je n'y suis pas encore rentré, pas bien loin, mais je doute qu'il reste grand chose de valeur à l'intérieur, ou du moins, rien avec une réelle valeur pécuniaire.
Grognant à voix basse, il attendit un instant avant de reprendre :
_Non, pas un chasseur de trésors. Il y a quelque chose, à l'intérieur, qui m'appartient. Je suis venu y récupérer, et, si possible, faire un peu de ménage parmi ses occupants.
Tournant à demi la tête vers l'extérieur, il revint finalement à sa place, mais ne s'installa pas à nouveau au sol. Il se pencha un instant vers l'arbalète, avant de la suspendre à la même ceinture que le crochet et le couteau, sans lui offrir un regard. Les deux carreaux, il les fourra avec les autres, les coinçant avec la fermeture de son sac, pour qu'ils puissent être saisis rapidement. Enfin, il ramassa son épée, passant le pouce sur le fil de la lame. Souriant d'un air sombre, bestial, il tourna à nouveau son visage vers la femme.
_Dites-moi... Vos sorts, vous savez vous en servir, ou était-ce du pur bluff, tout à l'heure ? Enfin, je suppose que nous verrons bientôt cela. Cela fait un moment que ça guette dehors, immobile. Mais ça c'est remis à bouger, et c'est gros, apparemment. Et beaucoup moins aimable que moi, je dirais. Pour un peu, je dirais que ça vient par ici, mais pas sûr
Soudainement, il se mit à rire, ne feignant visiblement guère le plaisir, et, sur le ton de la conversation, comme si tout deux se trouvaient tranquillement en train de siroter un verre, parlant de tout et de rien :
_Alors, dites-moi, très chère : préférez-vous que nous restions ici, ou d'aller faire un tour à l'extérieur, histoire de voir sur quelle douce mélodie nous allons danser ? |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Ven 24 Fév - 21:32 | |
| Près du feu, je pourrais y rester sans jamais m’y lasser, tous ce que celui-ci me compte, est bien plus jouissif que la plupart de discussions qui ne mène nulle part, d’ailleurs, ça en prend le chemin. Cependant, je me l’avoue, il est intriguant. Comme pour confirmer mes pensées, il commence à s’agiter, il se lève, n’arrive à tenir en place. Mon regard s’accroche et reste aspiré par le crochet qui lui fait office d’arme. Une conclusion pourrait me venir en tête, je sais que certains chasseurs les utilisent pour suspendre une tête inconvenante à celui qui l’a occis. Mais, point ne suis certaine qu’il fasse partie de ces gens-là.
Je l’ai froissé, mon ironie porte ses fruits, cela me décoche un rire étouffé que je fini par retenir pour m’arrêter sur l’un de ses mots. L’instant présent …. Oui, il faut le vivre, le ressentir, ce l’approprié pour qu’il fasse dont de projection. Un silence se présente. J’hésite à lui infliger encore une fois une bourrasque de phrases énigmatique, malgré tout, je me retiens, parce que il ne va guère comprendre ou je veux en venir. Ou encore, il est probable qu’il cache son jeu. Et j’apprécie cette insolite tournure.
Il me révèle enfin, du moins à demi-mots ce pourquoi il se trouve là. Visiblement, il s’est essayé à cheminer entre les entités avec détours, à cette encontre, l’accueil précédemment évoqué. Oui, je peux comprendre.
Un pause pour donner à son récit, quelque chose d’unique, il le souligne rien qu’en plongeant son regard dans le mien. Et point ne suis déçue, car, mes esgourdes se font docile à son histoire. Des Goules et des nécrophages hein ? Voilà qui suscite mes perceptions. I ’homme me révèle, que les trésors ne savent l’intéresser. Pas difficile maintenant, de savoir qu’il n’est pas un chasseur de cette espèce. Pourtant, il aimerait récupérer quelque chose qui prend valeur sous ses doigts. De nouveau, un allé, puis un retour, et cette fois, il se prépare, je devrais en faire de même, alors, je me lève passe ma main sous ma robe fluide pour réajuster mes armes tout en gardant oreille attentive à ce que l’étranger me sort.
Il me demande si je sais m’en servir, de mes sorts, s’il continue ainsi je vais finalement, les essayer sur lui pour lui montrer à quel point ma magie est valable. Qu’elles viennent donc ces abominations, je les attends.
Son rire chante à mon oreille, inquiétant, sombre, envahissant.
« Alors, Messire, il y a une époque déjà vous vous aventuriez dans ce temple à ce que je comprends. Bien, donc vous saurez nous guider au travers de l’édifice. Et attention à vous, ne me tentez guère, ma magie est ce qu’elle doit être, puissante, vil, fourbe, et efficace. Là, le frisson vous gagne, je le ressens. Un Décuplement de sensations pour nous mener au-delà du visible.
Par contre, vous seriez aimable de me dire comment l’ont vous nomme, qu’en cas de danger imminent, je puisse hurler votre nom. »
Je ne peux ‘empêcher de lui envoyer cette verve non dénuée de légers sarcasme. Encore une fois.
« J’accepte votre Danse Mon Bon Seigneur, que viennent à nous les plus sournoises des bêtes, que l’on puisse avec frénésie se délecter de ce qui nous attends. »
Il est temps, notre avancée ne dépend que de ce que nous valons.
La pluie continue de tomber, sauf qu’elle semble plus légère qu’avant. Une odeur pestilentielle se déverse dans l’air. Et nous ne sommes qu’a quelques pas de l’antre. Une forme s’avance également … ni homme, ni bête …
Déjà dans ma tête je fais appel à mon don.
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|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Sam 25 Fév - 11:57 | |
| _Frisson ? Non de peur alors... Si, vraiment, vous insistez... Hmmm... Appelez moi Daleck, ça ira très bien...
Le fin rideau de pluie fût franchi. Il sentait la présence de la femme à ses côtés, chaleur dans la nuit. Il n'avait pas à tourner la tête pour s'en rendre compte. A vrai dire, il aurait pu la trouver les yeux bandés. Tout était devenu clair. Tout avait changé, en une fraction de seconde. Le feu, dans la cavité, semblait déjà loin, vague souvenir à son esprit, qui, déjà, disparaissait sous l'eau qui ruisselait sur son visage. Tout semblait soudainement clair à son esprit, d'une limpidité cristalline. Le silence, total, cadencé au rythme des clapotis au sol. Oh, bien sur, il y avait cette odeur pestilentielle, qui emplissait l'air, se déversant sans mal, pourriture se répandant avec virulence dans les moindres recoins. Mais, plus important, tout était là. L'essentiel. L'instant présent.
Lentement, un sourire se forma sur son visage :
_C'est une belle nuit...
Et elle fût là. Crevant la brume, la déchirant à son passage, la forme devint créature. Elle devait mesurer dans les deux mètres, mais était bien plus large, trapu. Sa peau semblait être un mélange d'écailles, a l'aspect de cuir craquelé. Le crâne, étrangement gros comparé à son cou, portait à son sommet deux longues cornes noires. Son visage ne possédait qu'un œil, à l'image d'un cyclope, mais sa bouche ouverte laissait percevoir une multitude de dents, canines de la taille d'une main d'homme tendue, véritable cisaille, capable, sans aucun doute, de déchiqueter ce qui se mettait sur son chemin.
La créature, quel que soit son nom, se laissa tomber, frappant de ses pattes la boue. Ses bras, si du moins on pouvait les qualifier ainsi, semblaient puissants, et se terminer non par des mains, mais par quatre griffes. Sur toute la longueur de ceux-ci, une fine membrane s'étirait, flasque, esquisse, sans doute, de ce qui aurait pu lui servir pour planer, si elle n'aurait pas été si grande, et si grosse.
Elle pivota un instant sur le côté, d'une rapidité étonnante pour sa corpulence, et grogna dans leurs directions. Son museau remuait, elle reniflait, cherchant ce qu'elle avait senti de si appétissant, et de si proche. Elle le savait, elle en sentait presque les effluves...
Bon sang, faites qu'elle ne se mettre pas à hurler comme une mijaurée !
Silencieusement, avec lenteur, l'homme leva doucement la main, et la déposa sur l'épaule de la femme. La bête, toujours, semblait humer l'air, tournant la tête dans leurs directions. Elle fit un bond en avant, et s'arrêta, reniflant à nouveau, levant légèrement le visage. Il ne tourna pas la tête vers Arkanisse, et ne se demanda pas si elle faisait de même, ou si elle avait tourné son visage dans sa direction. Simplement, il ferma le poing, hormis l'index et le majeur, et les posa un instant sur ses yeux. Il ne devait pas parler, mais, si elle l'avait regardé, il espérait qu'elle ait compris son geste, et, si elle n'avait pas bougé, qu'elle ne réagisse pas stupidement avant le début du combat.
Toujours avec lenteur, il lui relâcha l'épaule, s'écartant d'elle tout en restant à distance égale de l'étrange créature. Celle-ci resta immobile, fixant encore et toujours le même emplacement, le museau frémissant. Prenant garde à ne faire aucun bruit, évitant de marcher dans les flaques, il continua, partant sur le côté, croisant les jambes, jusqu'à se retrouver avec un écart identique à celui de la créature. Tenant toujours son arme en main, sans bouger les yeux, il se pencha, fouillant le sol à l'aveuglette, avant de trouver ce qu'il voulait. Un instant, il tourna les yeux vers la femme, et, soudainement, siffla, tout en projetant la pierre sur la bestiole. Celle-ci se retourna aussitôt, grognant, écumant, raclant le sol de ses pattes crochues, s’apprêtant à bondir. Il lui adressa... Un sourire !
_Allez, viens donc faire un câlin à papa, toi !
Elle s'élança, avalant les mètres d'une rapidité infernale, les crocs luisants, la bave coulant le long de sa mâchoire. S'appuyant sur ses deux pattes arrière, elle bondit, griffes dressées, pour le renverser tout en lacérant, comme elle avait habitude de faire lorsqu'elle chassait une créature d'une taille avoisinant la sienne. Mais, il avait déjà glissé sur le côté, d'un simple mouvement de pied, coulant comme un serpent, l’esquivant sans mal, et restant pourtant si proche, à un souffle. La lame détourna la mort acérée d'une étrange facilité, celle-ci glissant le long de l'autre, sans mal pour les deux, chacune aussi dur que la pierre.
Et le combat commença. |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Lun 27 Fév - 2:04 | |
| Daleck, étrange consonance qui tinte à mon oreille. Ni plus, ni moins, Daleck …. Point n’avais encore entendu un nom pareil. Sans même m’en rendre compte, je cherche, je fouille dans ce mystérieux passé à la recherche de peuplades qui au-delà de ces terres vivent. Pourquoi une telle conviction ? Pourquoi repasser en boucle tous les prénoms qui dans mon existence ont su éveiller ma convoitise ? Pourtant sa chevelure sombre, ces yeux clairs, jamais je n’ai croisé tel silhouette. Parfois il faut savoir admettre, que ce qui attire notre attention, n’est point anodin. Je trouverai, je trouverai pourquoi je ressasse ainsi. Pour l’heure un autre combat, non guère celui des songes, mais bien celui qui agresse la chair.
Dans un coin de la tête toujours le même chant, pour parer une attaque, pour se préparer à une offensive. Je dois scinder mon esprit, là, dans cet endroit confiné, les pérégrinations sur un patronyme, puis là, presque à l’opposé dans une cache semi scellée, une myriade de mots qu’aucuns sorciers ne puissent décrypter, tant ces arabesques, ces mots sont bien plus vieux que le temps lui-même. Une nuit, belle pour y céder son corps.
Je souris à ses mots.
Il a raison, c’est une très belle nuit.
Sans même savoir s’il attend quelque chose de moi j’acquiesce.
Mes yeux scrutent, puis se posent sans y sentir la moindre lassitude sur la créature qui si proche se tient. Si colossale, si remarquable. De tous les démons que j’aie déjà croisés, celle-ci les surpasse en laideur. Sa masse semble peser bien plus que ce qui n’y parait, malgré cela, ses mouvement sont vifs, et presque d’une précision surnaturelle. Elle nous appelle ! De son goitre émane un bruit insolent, elle nous défie, elle veut protéger son territoire. J’ai pourtant la sensation, que sa vue ne lui sert à rien. Une chose pratiquement aveugle, mais qui en contrepartie compense par le reste de ses sens. La prudence s’impose, mais ma hâte saurait déstabiliser le pire des impatients. Je m’apprête à foncer droit devant moi, sans même tenir compte de la pluie qui toujours tombe, même si elle se fait bien plus légère qu’auparavant. Je suis coupée dans mon élan, par une main qui se pose sur mon épaule. Délicate, ferme et étrangement agréable. Il m’interpelle, alors ma tête se tourne en sa direction. Sans quitter la bête des yeux, il reproduit un geste qui d’abord me fait penser à quelque chose comme ….
Regarde, observe, et si à distance tu y parviens, immobilise là. Point ne suis certaine de ce que je vois, alors, je sonde, hésite, puis réémet une hypothèse. Et si c’était tout simplement. Reste-là, ne bouge surtout pas, laisse-moi m’avancer, laisse-moi me placer, et dans ton silence surveille.
Mon saisissement se déchire, lorsqu’il me lâche, et ramène son bras vers son corps. Je n’ai guère le temps de m’attarder en futiles réflexion. Aussi, je décide que pour le moment, j’attends. Jusqu’à qu’enfin, il lui assène son premier coup. Les mots tourbillonnent, une chaleur s’empare de mon être, le frisson me gagne, bientôt … Pas encore, rien qu’un instant … Il l’attire à lui.
Sa phrase bute contre le vent, je l’observe avec cet énigmatique délice. C’est ce sourire taquin qui laisse deviner que je m’amuse follement.
Il est pareil que moi …
Je reste interdite devant la scène qui se déroule devant mes yeux. Ça commence. Tout d’abord, une esquive parfaite, comme si Daleck, avait su lire dans les mouvements de la chose bien avant qu’elle ne tente quoi que ce soit. Une charge, la chose s’emballe. Elle est furieuse. C’est ce qui donne à ce combat une note si appréciable. La haine, la rage pour que la férocité s’affermisse.
Maintenant !!
Mes yeux se ferment l’espace de quelques secondes. J’ouvre une de même paume, puis une charge d’électricité se forme, elle s’intensifie, jusqu’à ce qu’elle devienne foudre infaillible. Dans l’autre paume je fais venir le feu, complice de tout instant. Flammes grisantes qui ne peuvent défaillir devant ma soumission.
Je m’approche furtivement avec cette grâce qui caractérise la féline voleuse. Plus qu’à quelques pas, mais tout de même à bonne distance. Je lance ma première slave foudroyante sur la proie qui bataille. Un léger soubresaut fait tressaillir la créature, cela me fait penser que j’ai atteint la cible. Quelques secondes s’offrent à Daleck, la bête est désorientée puis restera immobile, à sa Mercie jusqu’à ce que de la pointe de son arme l’homme la touche. Il faut qu’il soit rapide, très sinon, il sera trop tard….
Je reste attentive. Mais ne lance guère encore ma boule de feu … Si toutefois la chose déciderait de quitter son adversaire, et qu’elle finisse par changer de point de mire, alors, je saurai l’accueillir comme il se doit..
|
|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Lun 27 Fév - 19:12 | |
| Le tourbillon mortel s'animait, virevoltait sous la pluie. Chaque coup rencontrait une griffe de marbre pour l'arrêter, chaque patte se retrouvait détournée d'une habile lame. Il restait focaliser, non sur les membres de la créature, mais bien sur son aspect entier. Il n'avait aucun mal à compter les dents sombres, la gueule écumante grande ouverte, répandant l'horreur de son haleine. Mais il n'en oubliait pas pour autant "l'extérieur". Il voyait, ou plutôt sentait, la présence féminine, ainsi que l'eau ruisselante des nuages, mais pas seulement. La noirceur du temple qui s'étendait jusque sous leurs pieds, les branches des arbres qui, lentement, s'agitait dans un fin bruissement. Sous leurs pieds, a quelques centimètres sous la surface de la terre, les vers, grouillants en fracas, et, par-delà les nuages qui masquaient leurs faces, la brûlure infernale des étoiles, haie d'honneur envers la Lune, qui les observait malignement, cachée par l'épais brouillard noir. N'était-ce point ainsi, que le racontait la petite comptine que les femmes chantonnaient aux enfants lorsqu'ils étaient petits, bien qu'ils ne comprenaient probablement guère son sens avant un jour comme celui-ci ?
Car ils dansaient gaiement sous les rayons lunaires...
Elle avança soudainement la gueule, faisant claquer ses crocs à quelques centimètres seulement de son visage, grondante. L'épée bloquée entre eux, il la repoussa brutalement, de justesse, alors que ses griffes s’apprêtaient à lui déchirer le dos en s'entourant autour de lui. Ses pattes plantées au sol, alors qu'elle essayait de reprendre son équilibre, il bondit en avant, comme elle l'avait fait lorsque le combat n'avait pas encore commencé, pour tenter de les faire s'enfuir, et ainsi, de savoir où ils se trouvaient.
D'un coup de botte, il la fit encore reculer. Brutalement, il abattit son arme face à lui, verticalement, s’apprêtant à la sectionner, mais elle roula au sol, sur le côté, sans mal, d'une rapidité effrayante. Grondante à nouveau, elle se rejeta au cœur de la bataille, brandissant une énième fois ses faux de pierres mortelles.
Bardes, conteurs, faisant vibrer leurs instruments sur le même air...
La symphonie continuait, rapide, et de plus en plus violente. Saisissant l'arme à deux mains, bien qu'y rechignant, il commença à développer son savoir-faire. Estoc, parade, elle semblait animée d'une volonté propre, repoussant sans cesse les assauts répétés de l'étrange "prétendante", s'abattant sur elle quand c'était nécessaire. Le danseur, libre de ses mouvements quant à lui, donnait l'impression de s'amuser follement, la défiant avec plaisir...
Sa deuxième main, gantée de cuir, glissa, s'emparant de la lame, par le plat. Comme un bâton, il la leva au-dessus de sa tête lorsque la créature, à nouveau, essayait d'abattre ses pattes sur son visage, bloquant le coup de peu, alors que déjà, elle appuyait pour le faire céder.
Faisant légèrement pencher l'arme un instant sur son côté droit, d'un coup sec, il la releva subitement, repoussant la bestiole sur sa gauche, tout en la frappant du pommeau au visage. Elle grogna, ou gémi, mais cela ne la stopperait pas...
Un à un, amoureusement, ils s'enlacèrent...
Un bruit. Un frémissement. Et soudain, comme frappé par la foudre, la créature qui s'immobilise dans un soubresaut. L'eau, sous ses pieds qui semble ondoyer, murmurer un nom. Elle regarde, non lui, mais quelque chose, non loin. Ou quelqu'un. En bondissant, elle pourrait sans doute se jeter sur elle en seulement plusieurs secondes, à coup sûr. Arkanisse ? Ça ne peut être qu'elle, sûrement, ou un de ses sorts, une surprise qu'elle gardait cachée dans sa manche. Mais l’occasion est bien trop belle, pour la laisser se dissiper. Roulant au sol, il frappa la bestiole, la lacérant aux côtes, se retrouvant en arrière, derrière elle. Face à lui, il la voit enfin, la femme. Sans doute, s'est-elle approchée sans le moindre bruits, pendant qu'il combattait ? Peu importe, elle est là, proche. C'est parfait.
Prenant l'arme à deux mains, il l’enfonça dans le dos de la créature, la perforant de part en part, ou peu s'en faut pour que ce soit le cas. Elle se mit aussitôt à hurler, d'un cri à vriller les tympans, aigu, se répercutant, se renforçant avec force contre les pierres, les arbres...
Pour déposer, à leurs pieds, une offrande à leur mère...
Il la lâcha aussitôt, celle-ci restant planté en travers de la créature. Sa main revint vers sa ceinture, sans tâtonnement, jusqu'à l'objet qu'il cherche. Enfin, il le trouve, et, d'un simple mouvement du poignet, le décroche de sa seconde ceinture. L'anneau est vieux, mais solide, et le crochet, au bout, peut être aussi mortel qu'une dague...
Il le fit tournoyer, jusqu'à ce que le crochet se retrouve bien calé dans sa paume, véritable griffe d'acier, dépassant d'une bonne longueur son poing fermé. Il le passa entre les cornes de la créature, avant de tirer d'un coup sec, pendant qu'elle hurlait toujours. Il rencontra une résistance, et posa son pied dans le dos de la bestiole, empoignant le crochet à deux mains, avant de tirer avec encore plus de force. Quelque chose céda, et il le sentit s'enfoncer dedans. Était-ce la chaire, ou bien l'unique œil ? Il ne savait pas, mais il continua à tirer.
Les cris redoublèrent, la créature battant des bras face à la femme, courbée en arrière. Et, d'une voix grave, sombre :
_Frappe de toutes tes forces, femme, fait-lui voir les étoiles!
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|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Lun 27 Fév - 22:47 | |
| J’ai eu raison de ne point douter de ses réflexes. A peine la foudre a-t-elle percuté la bête que Daleck, s’empare du moment opportun. Un sixième sens lui serait- fait don ? Peu importe, la certitude est qu’il demeure maitre de l’instant. Daleck … Il semble transporter par une ode enchanteresse, ce n’est guère bataille de soldats, je trouve que cela ressemble bien plus à une danse macabre et sinueuse. Une de celle qui sait vous emporter bien plus loin que ce qu’elle ne devrait tant elle est envoutante et capricieuse à souhait. Du sang gicle, et point ne crains, au contraire, cela m’échauffe, me réchauffe, puis mon cœur dans un bruit sourd cogne contre ma poitrine. Proche d’une fabuleuse extase, j’ai peine à me contenir, je me fais violence pour ne point agir sur un coup de tête qui pourrait plus me faire valoir une mort bien trop directe qu’une lente agonie.
Daleck …
Un enchevêtrement de mouvements se suit instantanément. De prime abord, je ne saisis guère tout de suite ou il veut en venir. Je ne cesse de le scruter, le feu dans ma main se ravivant farouchement à chaque respiration, chaque expiration qui s’évade de ma bouche. Dans la nuit, une étincelle soudaine. Les nuages se sont dissipés, la pluie a cessé. La lune pleine, essaie de ternir les étoiles, qui toujours sont bien plus coruscante que leur sœur de crépuscule. Une nuit au clair de lune, pour donner réplique au vieux crochet que Daleck tient entre ses mains.
Il emprisonne la créature, bientôt, elle ne pourra guère plus bouger ne serait-ce qu’une patte. Elle lance complainte par-delà le vent, elle gémit, hurle et essaie de se rebeller. Prisonnière d’une main de fer. La tête qui s’offre, sa gorge qui ne demande qu’à être déchiquetée. A deux doigts … Un battement de cil, puis elle défaillira.
Mes sourcils se froncent lorsque je remarque que quelque chose ne sait se dérouler comme il se devrait. Est-ce la position de l’homme ? Est-ce le cri perçant de la chose ? Est-ce les deux en même temps ? Toujours est-il qu’il est temps que je l’aide. Elle n’est guère loin la bestiole, elle me sent, me recherche. Je vais m’offrir à sa vue, de plus près, bien plus près …. Puis une phrase qui me fait l’effet d’une bombe.
« Si tu t’avises encore une seule fois à m’appeler femme, Daleck, alors, c’est à toi que je vais faire voir les étoiles ! Et je suis plutôt douée pour Cela ! »
Il est étrange qu’il ait employé cette expression. S’il savait, s’il savait seulement ce que les étoiles représentent pour moi …
Point n’ai le temps d’en dire davantage, le temps presse. Aussi, je ravive mon feu, bien plus fort, bien plus titanesque que ce qu’il apparaissait auparavant, puis, me positionne de manière à ce que Daleck sois tout juste hors de mon champ de tire.
Pour que l’effet s’en soit plus puissant. Je joins mes deux mains de manière à ce que mes paumes se trouvent face à face. Ainsi, le feu s’échappe de mes mains, un projectile puissant, incontestable ne connaissant aucune faiblesse, pour autant qu’il ne se fasse pas contrer par un sort d’eau. Autrement, rien ne l’arrête.
La boule de feu reconnait sa trajectoire, et sous mon désir, passe à tout juste à un centimètre du visage de Daleck, roussissant probablement par la même occasion quelques poils de barbes mal rasés du guerrier.
Un sourire en coin se laisse apercevoir sous Les faibles restes de lumière qu’occasionne le feu.
Ça, c’est pour m’avoir appelé femme !
Je me précipite ensuite vers mon compagnon de fortune. Le feu fait son œuvre, les flammes dévorent doucement la chair de l’abominable créature. L’odeur qui plane dans l’air à présent n’est que consumé de viande répugnante. Mais il est encore en vie. Faible, mais guère inerte, le danger, l’attraction … La mise à mort …
Je pourrais me faire fourbe, je pourrais le pousser à bout, juste histoire de voir si je lui enlevais ce plaisir, qu’elle serait sa réaction. Je jubile à cette idée. Aussi, de la main, toujours en gardant le regard plongé sur la bête, je soulève le pan de ma robe, puis me saisit de ma dague à la lame effilée….
Une réaction, je veux qu’il réagisse, montre-moi ta détermination Daleck, montre-moi qu’elle est comparable à la mienne !
5 …. 4 …. 3 … 2 …. 1 ….
|
|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Mar 28 Fév - 20:07 | |
| Le feu avait jailli, déchirant la nuit. Il l'avait senti filer sur son côté. Pas seulement sur son côté à vrai dire. Il avait l'impression d'avoir la peau intacte, mais, pour un peu, il aurait juré le contraire, que le trait de chaleur lui avait arraché la joue, ne laissant que quelques traces calcinées de sa chair sur sa personne. L'avait-elle fait exprès, ou, au contraire, était-ce totalement involontaire ? Il préférait, et de loin, la première solution. Il valait mieux côtoyer une femme puissante, cela il ne pouvait plus le remettre vraiment en doute, et sadique, qu'une femme puissante mais incompétente, qui pouvait vous transformer en vulgaire tas de cendres par mégarde. Quoi qu'il en soit, le résultat, au final, serait le même : le feu, surtout d'origine magique, brûle et consume, sans se préoccuper de savoir qui l'a provoqué.
Il ferma les yeux, à l'instant même où le puissant trait frappa la créature, pour ne pas se retrouver aveuglé. Bien qu'énorme, à la carrure impressionnante, il ressentit néanmoins le choc brutal qui percuta la bête. Et bien, au moins, ne semblait-elle pas y aller de main morte : il n'était pas déçu. Déjà, car contrairement à beaucoup, elle n'avait pas fui lorsque le danger lui avait fait face. Mais aussi, et surtout, car elle n'avait guère semblé hésiter. Oh, bien sûr, il n'avait pas pris le temps de la regarder, pour voir si elle comprendrait ou non, mais, le coup était parti. Précis et visiblement puissant, ravageant tout sur son passage, laissant peu, si ce n'est aucune, chance à la créature. Il aurait presque plaint cette pauvre dernière... Presque.
Il dégagea aussitôt le crochet, retirant l'arme qui n'avait visiblement pas souffert du feu de sa seconde main, reculant d'un bond, lorsqu'il la sentit partir de l'avant. Elle ne semblait pas être morte, mais s'agita un court instant, avant de se retourner, tombant lourdement sur le sol. Elle remuait encore un peu, principalement la mâchoire et les griffes, mais bien lentement comparé aux quelques secondes précédentes. Déjà, il voyait que les flammes semblaient consumer doucement sa chair. Cela expliquait l'odeur qui s'en dégageait. La chair brûlée, les charniers...
Il ferma un instant les yeux sur le corps monstrueux. C'était une odeur qu'il connaissait, qu'il avait déjà senti bien des années auparavant. La Mort qui, cynique, enlaçait de ses bras ses enfants.
Un mouvement. Il rouvrit soudainement les yeux, pour voir Arkanisse se précipiter sur la bête. Est-elle venue la contempler ? L'instant dure-t-il une fraction de seconde, ou une éternité ? En tout cas, elle relève un pan de sa jupe, faisant apparaître une dague effilée. Jolie cachette, à dire vrai, mais que voulait-elle donc faire ? Prélever un trophée peut-être ? Une dent, ou même une griffe, lui irait sans doute bien accrochée en pendentif autour du cou... Oh non, elle ne va pas...
Et puis quoi encore !
Bondissant en avant, il la saisit au poignet, alors que la lame effilée est si proche, tellement proche de la créature, et tire celle-ci à l'écart, pas brutalement, mais sans la moindre douceur, cachant une froide colère.
_Elle est à moi. Trouves-toi une autre proie si tu veux sectionner des gorges.
Il la regarda, un instant, avant d'ajouter :
_Pas moi, cela va de soi... Et je continuerais à t'appeler femme autant de fois que je le désire, quand je le désire, et où je le désire. Car c'est bien ce que tu es, une femme, sauf si tu caches vraiment bien ton jeu, et ça, j'en doute. A moins que tu aies aussi honte de ce que tu es ? Alors maintenant, cesse donc de t'exciter et t'énerver comme une gamine capricieuse, ou je t'assure que je t'attache quelque part pour te renvoyer ensuite chez toi, sangler comme un sac de patates dans une charrette !
Etait-il trop autoritaire ? Aurait-il du modérer ses propos ? Et pourquoi pas lui cirer les bottes en l'éventant avec des feuilles ! Il ne savait pas pourquoi elle semblait ne pas apprécier qu'on l’appelle ainsi, mais, après tout, c'est ce qu'elle était. Et si elle se vexait, c'était tant pis pour elle : il ne comptait pas faire d'efforts, juste pour contenter son petit ego.
La repoussant en arrière, bien qu'avec un peu plus de force qu'il ne l'avait vraiment voulu, il enjamba la bête, positionnant une jambe de chacun de ses côtés, faisant tournoyer son arme d'une main. Elle le regardait, remuant la gueule couverte de dents sombres, semblant presque gronder si ce n'est qu'il s'agissait seulement d'un gargouillis sorti de ce qui lui servait de gorge.
Joignant ses deux mains sur le pommeau de l'arme, il lui transperça sans honte ni regret l'abdomen, faisant tourner la lame qui était en travers de son corps. Elle se crispa un instant, refermant plusieurs fois sèchement ses pattes, alors qu'un flot sanglant, noir, se mit lentement à se déverser, se mêlant à la boue. Et, enfin, elle devint immobile... |
|  | | Arkanisse

Messages: 48 Date d'inscription: 16/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Mer 29 Fév - 0:54 | |
| Je regrette presque de ne point être apparue plus vite aux côtés de Daleck. Je n’ai guère pu contempler son expression lorsque le feu l’a frôlé. Peut-être aurais-je dû, être bien plus sournoise, et probablement aurais-je dû, lui brûler bien plus que quelques poils en batails sur son menton. La prochaine fois, oui, la prochaine sera la bonne. Il a le don de m’énerver, et je trouve cette sensation forte appréciable, je me l’avoue. Une contradiction, une fureur, qui se mêlant à l’attrait donne une senteur bien particulière aux effluves de ce parfum enivrant.
Toujours dague en main, je l’observe avec ce sourire mutin, j’attends qu’il me montre ce qui en lui sommeille. Ça se réveille lentement, un cheminement visiblement parsemé d’embuches. Il met du temps à réagir, s’il tarde trop, c’est moi qui m’occuperais de finir la créature. Une étincelle ? Il finit par comprendre ce que je veux lui dire, et une espèce de hargne le gagne subitement.
Que les étoiles m’en soient témoins, je le ressens, je le perçois. Un mouvement brutal guidera ses mains.
Un sourire se faisant discret s’empare de mes lèvres. J’attends.
Point ne suis désappointée de ce qui suit. Il se saisit fermement de mon poignet, puis d’un geste leste l’abandonne un peu plus à l’écart. S’est-il que si je le voulais, j’aurais pu parer son geste rien que par la pensée. S’est-il rendu compte, que si l’envie m’en prenait, alors, je pourrais faire en sorte que la lame de ma dague se plante dans sa main ? Quoi qu’il en soi, je ne n’en attendais guère moins de lui. Et ses paroles lancées à mon encontre confirment mes perceptions. Puis son regard s’attarde sur moi. Autre chose …
Il est assez malin pour me faire comprendre qu’il ne faille guère que j’exprime ma colère sur sa personne. Femme, femme, femme …. Il m’exaspère. Aussi, je reste plantée la une once de provocation dans le regard. Qu’il ose donc… Faire de moi une chose qu’on écarte sans le moindre remord. Faire de moi une chose que l’on jette après s’en être servit à bon escient. Point il ne sera déçu de ce qu’il va trouver, si encore il me cherche ainsi. Je ne lui ai guère montré ce que je suis capable de faire. Un affront, un mot qui dépasse de trop haut l’autre, et je m’emballe tel un ouragan qui loin de l’œil s’échauffe doucement jusqu’à ce qu’enfin, il atteigne son point de non-retour. Et dans sa phrase, quelque chose m’horripile à un point tel que point ne sais si je vais parvenir à l’épargner en lui laissant à lui seul la mise à mort de la chose. Elle, elle ne m’intéresse plus. Présentement, c’est Daleck qui s’approprie toute l’intensité de mon regard.
Il est si proche de moi, encore il s’avance. Je suis obligée de lever la tête pour pouvoir le regarder. Mon coutelât est encore bien présent au creux de ma main, un moment propice pour lui planter ma lame dans le torse. Il me pousse avec une pointe de barbarie. Juste une pointe. Cela me fait reculer de quelques pas. Mais aucun déséquilibre ne se fait ressentir. Je souris à ce qu’il me montre de lui. Il se détourne ensuite. Pour aller abréger les souffrances de la chose. C’est le moment idéal.
Je m’approche de lui, j’ai pour vue un dos courbé s’affairant à taillader la chair de la bête enragée. Je suis discrète, bien plus qu’avant. Les nuages s’amoncèlent à nouveau lune se voile laissant sa nudité se faire absorbée par la noirceur. Aucune lueur pour engendrer une ombre. Il fait sombre, dès lors, une proximité sachant éveiller ses propres appétences.
Tout doucement, j’appuie légèrement la pointe de ma dague sur le haut de sa nuque. La fait glissé avec concupiscence jusqu’à la naissance de ses omoplates. Je me penche alors à son oreille puis lui susurre quelques mots.
« Vois comme il me serait facile de te marquer Daleck. Si réellement la conséquence de mon caprice devait se réaliser, et bien, point n’aurais d’hésitations à te saigner. Point ne suis louvoyante, car sans cela je ne pourrais assouvir ma soif de savoir. Tient te le pour dit ! Tu es comme moi Daleck … »
A regret, je le libère, car l’attraction se fait trop débordante, envahissante, point ne veut m’y noyer pour le moment. Ni le lieu, ni l’instant. Je soulève une nouvelle fois le pan de ma robe dévoilant ainsi une cuisse dénudée, puis je range mon poignard en son écrin. A présent, c’est moi qui lui tourne le dos. J’ai aperçu non loin une vieille souche d’arbre. Je m’y rends, et m’y assois. Je pose mes coudes sur mes genoux et croise les mains en attendant qu’il termine sa besogne.
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|  | | Daleck

Messages: 48 Date d'inscription: 19/02/2012
 | Sujet: Re: [Fermer] Lorsque l'Obscurité règne... Mer 29 Fév - 16:54 | |
| Le froid. Vide de sens, de sentiments, qui s'enroule lentement. Un froid mortel, métallique. Il ne l'avait pas entendu approcher, ne l'avait pas même senti. Pourtant, soudainement, elle était là, proche, si proche. Elle aurait pu même se tenir ici, sans qu'il s'en rende compte, bien trop concentrer sur le plaisir qu'il éprouvait, à voir lentement le sang se répandre, coulant doucement dans la boue, roulant jusqu'à ses bottes. Mais la dague, qui, doucement, appuyait sur le haut de sa nuque, elle, il la sentait bien. Avec un peu de force, sans doute n'aurait-elle aucun mal à lui transpercer le crâne. Mais elle n'en faisait rien, douce caresse, jolie promesse, pourtant si inoffensive. Et elle n'en fera rien, elle n'aurait sans doute pas attendu sinon, elle aurait frappé rapidement, puissamment. Comme son feu, d'une manière imparable. Non qu'il aurait de la facilité à se débarrasser d'elle ainsi, maintenant, mais c'était tellement amusant de la pousser quelques fois, toujours un peu plus...
Allez ! Fais-le ! Frappe ! Frappe ! Frappe ! Frappe ! Frappe fort !
Tout ceci fusa dans son esprit en un instant, fraction de seconde aussitôt brisée, lorsqu'elle descendit sa pointe entre ses omoplates, et il ne pût empêcher un sourire de se peindre dans un coin de son esprit. Elle s'était visiblement penché, car, il percevait sa respiration, proche de son oreille, son odeur. Chacun avait une odeur particulière, parfois puissante, parfois effacé, effluve qui définissait sans mal la personne à qui elle appartenait, véritable signature à l'odorat. Celle-ci était différente, intéressante. Il était bien rare d'en trouver une s'en approchant, même un peu, à tel point qu'il n'arrivait guère à la définir. Peut-être, celle d'un félin, dangereux, mortel. Mais pas n'importe quel félin. Un prédateur. Était-ce ceci ? Il n'en avait pas la moindre idée : nombreuses étaient les choses qui se bousculaient à son esprit, bien trop pour être compté...
Qu'est-ce que tu attends ? Frappe ! Frappe ! Allez ! Fait coulé le sang ! Fait le jaillir sauvagement, qu'il s'écoule comme un torrent ! Frappe, frappe, frappe, frappe, frappe !
Proche, tellement. Son propre couteau de chasse était contre sa jambe, il pouvait le sentir. Il n'était pas de nature prudente, préférant défier la mort de face, pour lui cracher dans l’œil, mais elle, savait-elle qu'en autre temps, et autres lieux, il n'aurait pas hésité à frapper à l'aveuglette dans son dos. Bien sûr, il n'aurait sans doute vécu plus de quelques secondes de plus, mais, à cette distance, il lui aurait offert un joli souvenir, cicatrices au mieux. C'était comme un peu plus tôt, lors de leurs rencontres. Une scène identique, seules les armes et le contexte changeaient.
Prend gardes aux ennemis qui te font face, et encore plus à ceux qui te tournent le dos. Et surtout, n'en sous-estime aucun. Qui sait quels folies peut se cacher dans le crâne d'un homme.
Les mots qu'elle prononça l'arrachèrent sans mal à sa torpeur. Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Sa soif de savoir ? Il n'avait jamais rien compris aux femmes, à être franc, et il ne prit pas la peine de se perdre en conjectures. Il le saurait quand il devrait le savoir, que ce soit quelques minutes après ou jamais. Et, il était comme elle ? Encore une fois, qu'entendait-elle par ces mots ? Il avait bien quelques idées là-dessus, mais rien ne prouvait qu'il voyait juste. Et il aurait semblé bien idiot en lui demandant de s'expliquer. Beaucoup de femmes détestaient l'idiotie par-dessus tout, il valait mieux être prudent, surtout avec un couteau entre les omoplates...
En tout cas, si ce qu'elle dit est vrai, qu'on est vraiment semblable, ça promet d'être bien amusant, à moins qu'on décide de se déchiqueter ici-même. Ce serait une jolie ironie du destin...
Il se tourna vers elle lorsqu'il senti que la dague avait été retirer, juste à temps pour la voir retrousser un instant un pan de sa robe, la rangeant dans son écrin, contre sa jambe nue. Et elle ne voulait pas qu'on l'appelle "femme" ? Ça risquait d'être difficile. Mais, au moins, se retint-il de justesse de ne pas lui répondre, par ce même adjectif. Pourquoi ? Pourquoi ne voulait-elle être appelé ainsi ? Après tout, c'est ce qu'elle était, non ? Finalement, ça ne le concernait pas, c'était c'est affaires !
Il secoua sa tête, chassant ses pensées. Elle était partie non loin, s'installant sur une souche. Il en profita pour essuyer l'arme tachée de sang sur le cadavre, avant de la rengainer dans son fourreau qui se trouvait dans son dos, caché par sa cape noire. Puis, il se pencha en avant, dégageant une babine du monstre, observant ses crocs.
De près, elle était encore plus impressionnante. Il ne l'avait pas remarqué d'abord, mais elle avait deux rangées de dents, comme une scie. Des restes de chair pourrie étaient coincés entre. Être mordu n'aurait rien eu d'agréable, et, si le coup n'était pas mortel, il y avait de grandes chances que la chair s'infecte. Une mort sur le coup, rapide et net, ou dans le mois, si la plaie n'était pas traitée rapidement. C'était un joli bestiau.
Il fronça les sourcils soudainement. Quelque chose n'allait pas. Il retira l'un de ses gants, et vint appuyer son pouce contre une des dents. Leurs couleurs sombres lui avaient d'abord fait penser à de la pierre. Mais c'était totalement impossible. Cornues, deux rangées de dents, qui semblaient, que ce soit à cause de leurs couleurs et même au toucher, être faite de pierre, c'était dû jamais vue. Même en cherchant dans ses souvenirs, il n'arrivait pas à la nommer. A vrai dire, il doutait même qu'une telle bête puisse vivre, sauf dans les rêves les plus sombres. Était-ce de là qu'elle venait ? D'un esprit de sorcier renégat, qui, part ses expériences, l'avait créé ainsi ? C'était aberrant, mais c'était la seule explication qu'il trouvait. Elle était sûrement sortie un peu plus tôt, et, lorsqu'elle avait senti la femme qui arrivait, c'était sans doute à ce moment qu'elle s'était dit qu'elle trouverait sans doute un bon repas aux alentours...
Sans jeter le moindre regard à la femme, il se releva, renfilant son gant, tout en poussant le crâne sur le côté. Tournant les talons, il commença à se diriger vers la clarté qui se diffusait toujours de la cavité, passant près de l'ancienne souche sans même esquisser le moindre geste dans sa direction. Il disparu à l'intérieur, et, doucement, la lumière se mit à baisser, jusqu'à disparaître. Il ressortit peu après, finissant d'attacher l'arbalète à sa seconde ceinture : son sac en toile était déjà dans son dos, visiblement peu rempli, principalement de gourde et d'un peu de nourriture.
Enfin, comme s'il remarquait seulement maintenant sa présence, il revint vers la souche, regardant la femme un instant. Non pour la jauger, seulement pour l'observer.
Il se racla la gorge, et prit finalement la parole :
_Je ne sais pas toi, mais je ne compte pas attendre ici que l'aube se lève pour aller voir ce qui se cache à l'intérieur...
Il laissa volontairement la fin de sa phrase flottée. Après cela, c'était à elle de voir... |
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